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Dakar, Sali-Portudal, Casamance (album photos Sénégal)

22 Novembre 2012 , Rédigé par a bord de papyrus Publié dans #2012, #Senegal

 

 CVD3

Trois jours au mouillage devant le Cercle de Voile de Dakar nous ont permis de nous ressourcer après la traversée des Canaries. Retrouver la terre ferme, les humains, le bruit de la ville (bien que le CVD soit en dehors de Dakar et donc épargné) … Tout ce qui fait la joie de toucher terre au sortir d’une navigation qui, aux dires des autres plaisanciers arrivés quelques heures après ou avant nous, fût tout de même un peu musclée ! Nous échangeons à ce sujet avec l’équipage masculin d’un first 415 (un monocoque quillard plutôt racé) qui régate régulièrement en Manche.
-« Des vagues de 4m, parfois 5…
-Euh, Ouais, plutôt 5m parfois 6 !!! C’était une grosse mer quand même !
D’ailleurs, personne ne s’est proposé pour la bouffe, alors pendant 3 jours ça a été casse-croute… pas de gamelle, pas de vaisselle… On aurait bien aimé avoir une femme à bord ! »

La baie d’Hann n’est pas ce qu’on appelle un havre de paix. Passé le dépaysement de l’Afrique, la puanteur relative, le champ de poissons ventres à l’air, 2 ou 3 voiliers épaves,  laissent stoïque quant à la propreté des eaux ! Gégé, un sénégaullois (blanc vivant au Sénégal) qui s’occupe au CVD, nous apprend que les égouts et des déchets d’usines, concentrés de métaux lourds, se déversent ici ! Pas question d’enfiler son maillot de bain !!!

CVD11


Nous ne ferons qu’une escapade nocturne à Dakar, sur la place de la Libération, pas vraiment en forme pour affronter les « guides » en tout genre et faire le « toubab » de service (touriste au porte- monnaie). Au CVD, l’accueil est agréable, balayé par une petite brise rafraîchissante. Les murs sont autant de toiles en plein air à l’instar des pirogues qui longent la plage. Autour du puits, une femme lave le linge pour 2500 CFA la bassine (3,75€). De l’autre côté de la rue, le restaurant Aida livre un plat complet de poisson et de riz, ou bien poulet yassa-riz, pour 500 ou 1000 CFA (0,75 - 1,5€).


CVD8


Mais cela ne suffit pas à nous sentir bien dans cette ambiance franco-blanchâtre… Il est temps de reprendre la mer…  Papyrus n’aime pas la barbe qui pousse sur ces flancs, cap au sud vers Sali Portudal. Nous laissons Lisa et Mathieu faire la route de leur côté avec peut-être des retrouvailles pour une traversée vers les iles du Cap Vert.


 

Sali-Portudal

vers Sali


Roxane et Jérémy à bord pour une route d’un peu moins 6 heures, nous sortons les lignes de traîne. Sans tarder, le « zzzzz… » typique du moulinet qui déroule son fil se fait entendre. Un petit thon de 2kg environ est remonté par nos chanceux débutants, ce sera l’unique prise en dix jours !

 

passagers éphémères


-« Il neige des papillons «  s’exclame JB sur le pont alors que nous traversons un nuage d’insectes blanc, brun et jaune, porté au large par le vent de terre.


Un peu plus loin c’est une pirogue de pêcheurs qui nous accoste. Nous leur faisons passer une bouteille d’eau, un paquet de biscuit et une boite de saucisses-lentilles. Ce ne sera pas la seule pirogue à nous interpeller de la sorte, toujours conviviale, toujours avec des hommes éreintés à bord. La pêche n’est pas un métier facile. Au Sénégal c’est un miracle d’y survivre, Ousmane nous affranchira un peu plus tard en Casamance.


Pour l’heure nous essayons de trouver Sali. Les cartes ne sont pas détaillées ou fausses, et la pratique de la plaisance réduite sur les côtes sénégalaises n’incite pas l’administration cartographique à faire des efforts. Aussi comptons-nous sur nos jeunes mousses pour nous guider. Mais l’approche par la mer n’est pas mince affaire. Les repères ne sont pas évidents, une maison en vaut une autre, et le terrien n’a pas pour habitude de noter les châteaux d’eau, d’autant que le roi GPS permet à tous de ne plus se perdre sur notre douce planète.
Pour couronner le tout, dans la bande des 10 miles (18,5kms) les pêcheurs posent d’innombrables filets. Pour stresser le capitaine il n’en faut pas plus. Papyrus devient l’acteur principal d’un jeu pas vraiment drôle : un bateau dans un jeu de quilles !

Se prendre dans un filet serait une catastrophe tant pour nous, avec l’obligation de plonger pour couper le filet et dés-emberlificoter  notre hélice, que pour le propriétaire dudit filet qui ne manquerait certainement pas de nous racketter en dédommagement du bien perdu.


Sali Portudal


Une heure après avoir commencé l’approche vers Sali, nous mouillons (jeter l’ancre) face à la petite marina de Sali, accessible uniquement à marée haute, et pour les embarcations de moins de 10m.

Gérard, le papa de Jérémy, a élu domicile dans cette petite ville touristique où il coule une retraite paisible avec Maïmouna, sa femme sénégalaise. Il fait bon vivre dans leur maison d’où s’échappent les effluves de cuisine locale.

 

Gérard, Jérémy, Roxane

Une petite journée au large en famille mais sans les poissons !

 

Jérémy, Roxane

Une grande découverte lors de ces vacances africaines pour Roxy et Jérémy qui non contents de découvrir les plaisirs de la lecture, dévorent bouquin sur bouquin !

 

 

 

Mbour, marché aux poissons

Mbour marché aux poissons1


Quand on arrive sur la plage de Mbour, c’est d’abord un tas de plastiques et d’autres détritus qui nous accueille. Ibrahim, notre guide sur le « marché-port-plage » précise qu’avant le changement de gouvernement c’était pire. Aujourd’hui, des ramassages et une sensibilisation certaine de la population  sont mis en place.


Le marché aux poissons sans les odeurs c’est comme une charcuterie aseptisée, un garage sans graisse ni carburant, une vieille bourgeoise sans chanel N°5 ! Oui, ça pu le poisson et les coquillages pourris malgré le ciel ouvert.
Vers 17h les pirogues reviennent du large, les glacières pleines à craquer (les bons jours) de St pierre, raie guitare, requin marteau, petit requin, langouste, coquillages….

Les ressources sont en nombre et variées !

 

Mbour marché aux poissons2


A marée basse les pirogues jettent leurs grappins à quelques dizaines de mètres de la plage. Les marins commencent alors de longues rotations. La tête surmontée d’une caisse débordante de la manne aquatique, les marins vont au petit trop livrer les grossistes. Derrière chacun d’eux de jeunes enfants les suivent attendant la chute bienvenue d’un ou deux spécimens.
-« Ils ramassent le poisson tombé pour le vendre ou le ramener chez eux, c’est mieux ça que la mendicité… » me dit Ibrahim.
Il y a aussi le TGV : la charrette à cheval qui traverse le marché de long en large.

 

Mbour marché aux poissons9
 

Plus loin c’est le cimetière des coquillages. Des hommes et des femmes martèlent sans discontinuer afin d’extraire la chair qui servira à concocter une sauce genre » NiocNam « .

 

Mbour marché aux poissons16

En retrouvant les petites rues Mbour on dirait que JB a déjà sévi ici !

 

 

Fleuve Casamance

casamance Djogue1


Nous mettrons 22 heures pour rejoindre le fleuve Casamance, en Casamance donc, entre la Gambie au Nord et la Guinée Bissau au sud.

Le trajet n’est pas de tout repos, le vent monte dans la nuit et comme il ne vient jamais sans les vagues, une houle de travers s’installe, malmenant Roxane et Jérémy qui ne sont pas vraiment amarinés.
Nous découvrons l’entrée du fleuve au matin, nous avions pris soin encore une fois de nous ralentir pour arriver en plein jour.

Quel bien nous en a pris ! La passe et délicate et le ressac que la mer a levé dans la nuit bien présent. Partant du principe que les cartes sont erronées, c’est avec beaucoup de méfiance, un œil rivé sur le loch (sondeur), l’autre dans la paire de jumelles que nous progressons à vitesse réduite. L’allure est pour le moins inconfortable, Papyrus se fait chahuter de travers par des déferlantes d’un bon 2m. Acculés dans des prises de décision hasardeuse, c’est avec beaucoup d’espoir que nous voyons une grande pirogue rentrer du large. Son barreur nous assure qu’on peut suivre le chenal. De fait, entre trois bouées traçant la passe sud et la trajectoire de la pirogue, Papyrus fini par glisser sur les eaux plus calme du fleuve. Ouf, c’est une première !

 

La suite très vite... Avec toutes nos pensées d'amour et d'amitiés.


 

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PEN AZEN 24/11/2012 09:01

Très bel article, la description du mouillage à DAKAR, nous étions avec vous, les désagréments olfactifs nous sont épargnés, mais cela fait partie du voyage. PROFITEZ....!!!

Cath 23/11/2012 18:59

C'est vraiment merveilleux de vous lire depuis x milliers de km ! Merci !et gros gros baisers à vous cinq !